3 – QUEBEC – Mont du Lac des Cygnes

3 – QUEBEC – Mont du Lac des Cygnes

En partant ces 3 semaines au Québec, j’avais envie, et besoin, de voir un peu de tout, sans prendre de risques mais en voulant avoir quelques sensations, vous savez, comme quand on ressent le besoin de repousser les limites, les siennes évidemment, en toute honnêteté, et surtout pas celles des autres …

Le Kayak sur la Jacques Cartier y a contribué (voir la balade 2), puis la montée et, bizarrement surtout la descente du Mont du Lac des Cygnes, ont été de grands moments dans cette recherche de limites à repousser.

Me voilà donc arrivé un matin au pied de ce mont, bon, je vous arrête, c’est une montée assez promenade, je n’y arrive pas avec piolet et mousqueton, etc …
Soyons réaliste de nos capacités et de nos limites propres …

je passe à l’accueil du Parc des Grands Jardins. Vous trouverez toujours un accueil plus que bienveillant et sympathique dans ces « points de rencontre » des Parcs nationaux québécois, un accueil à la québécoise, tout simplement.

Une jeune femme très sympathique me demande ce que j’ai envie de faire de ma journée et me propose plusieurs possibilités de randonnées plus ou moins difficiles. Elle me dit surtout un petit mot touchant en partant :
« comme vous êtes tout seul, n’oubliez surtout pas de venir nous dire que vous êtes bien redescendu, avant de repartir »…

Vous me connaissez, ou pas, mais un peu moment Emotion, se sentir un peu chez des amis quand on est seul en voyage, c’est plus que TOP.

Je commence donc cette balade par un chemin, assez tranquille qui nous mène au Mont du Lac des Cygnes.
Je suis loin d’être tout seul, quelques groupes, que je me fais fort de dépasser, afin d’avoir des moments de marche au calme, au moins de temps en temps, ou de profiter seul des paysages que je découvre.

Quelques panneaux annoncent que nous pouvons rencontrer des ours, qu’il suffira d’actionner des clochettes ou tout simplement de chanter pour les faire fuir … je souris… je n’ai pas de clochettes avec moi …
Pour ce qui est de chanter, j’attendrai surement d’être seul pour m’y risquer, car il n’y aura pas que les ours que je ferais fuir … d’ailleurs certains groupes chantent, un peu par jeu, ou pour conjurer le sort « Ours », ce qui donne une ambiance assez Bon Enfant à cette montée…

Un peu plus d’une heure plus tard, j’arrive sur un espace où il nous faut monter des escaliers de bois aménagés pour atteindre un panoramique, et là, …
Silence …

j’y suis bien resté près de 2 h, à respirer, profiter à plein du moment présent, méditer, m’imprégner de ce paysage, calme, reposant, manger et faire des photos.

Quand on voyage seul, demander à l’autre de nous prendre en photos, c’est parfois l’occasion de lier connaissance ou au moins de partager nos émotions face à un tel paysage, et parfois de faire en échange des photos d’un couple ou d’un groupe…

Après avoir nourri mon corps, mes émotions, mon esprit, j’étais vraiment heureux et assez en paix, je dois l’avouer.
Je suis reparti. En prenant quelques dernières photos, pour garder encore un peu plus ce paysage avec moi.

J’arrive à un « carrefour » où l’on indique le chemin que j’avais pris le matin 1 h, et un autre pour 2 h 30. Je me suis dit, j’ai le temps, changeons de parcours et me voilà parti pour celui de 2 h 30. Très vite je croise un jeune couple, qui me dit que j’ai raison de prendre celui-ci à la descente, que ce sera plus facile.
Content de mon choix totalement involontaire, je pars pour cette nouvelle découverte.

Très vite, j’ai ressenti une belle émotion de liberté, seul sur des espaces assez étendus, face à des paysages assez lointains.
Personne.

Cette sensation d’être ainsi sur un plateau montagneux est assez grisante, vous vous dites que ce paysage n’est là que pour vous c’est juste géant.

Plus j’avançais, ou plutôt plus je descendais, j’étais face à des paysages très différents.

Les grandes étendues ont laissé la place à des chemins assez accidentés où il fallait faire attention où je posais mes pieds, puis à un paysage de lac où je me suis posé quelques instants, puis à des jeunes forêts, puis à d’autres plus denses.

Un moment donné, je me suis rendu compte que je ne rencontrais vraiment pas âme qui vive dans ces paysages, sans trop savoir où j’en étais.

Le chemin à suivre était très bien balisé, mais je ne savais pas trop si j’allais vite ou pas. Il faut dire que je profitais de cette sensation de solitude avec on va dire avec 50% d’assurance.

Dans une de ces forêt, le taux d’assurance a rapidement chuté, assez proche des 5%.

En effet, quelques bruits secs, peu de visibilité, et j’ai tout de suite pensé aux pancartes du matin… n’ayant pas de clochettes, je me suis mis à chanter, assez fort, j’en ris encore aujourd’hui en visualisant la scène.

Je n’ai pas pu chanter « Mourir sur scène » de Dalida, cela n’aurait pas été très adapté ou peu rassurant, ou alors au 5ème degré. J’ai clamé haut et fort « dans la troupe, y’a pas de jambe de bois, y’a des nouilles, mais çà ne se voit pas, la meilleure façon de marcher, c’est encore la nôtre, c’est de mettre un pied devant l’autre et de recommencer », beaucoup plus stimulant … LOL …

Passée cette zone de « turbulences », mon taux d’assurance a un peu grimpé, car rien d’autres à part ces bruits secs, causés plus surement par un petit animal plutôt que par un ours, de toutes façons, il avait du fuir à toutes jambes avec mon chant (il faut dire que je chante faux comme une casserole).

Après environ 3 h de marche et d’émotions diverses, je suis arrivé en fin d’après-midi au poste d’accueil, où j’ai retrouvé la jeune femme du matin.

Peu de monde à cette heure. Nous prenons le temps d’échanger et elle me dit : “cette journée vous a manifestement changé, vous n’avez pas le même regard que ce matin”.

Je lui raconte mes « challenges de limites à dépasser ».
Et elle me répond “Manifestement, aujourd’hui vous en avez poussé quelques unes, vous avez changé”.

Je le sentais au fond de moi, cette sérénité qui revenait petit à petit, mais échanger avec quelqu’un qui s’en rendait compte sans me connaître vraiment, si ce n’est qu’elle avait une vraie attention à l’autre, c’était juste du pur bonheur.

Un GRAND ET BEAU SOUVENIR, Le Mont du Lac des Cygnes.

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  1. Véra
    décembre 28, 2020
  2. Pascale
    décembre 28, 2020
  3. Jehan
    décembre 28, 2020

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